samedi 16 août 2008

Menace de coup d'Etat en Bolivie...silence des médias!


Sauf à considérer que vous vous intéressez de près à la situation politique de l'Amérique Latine et aux différentes tentatives de redorer le blason du terme de démocratie, qui dans nos contrées n'en constitue plus guère qu'un parangon, vous n'avez certainement pas entendu parler de la remise en cause de son mandat, par Evo Morales en bolivie le dimanche 11 août, celle-ci a été effectuée par voie référendaire et le président bolivien a remporté 63% des voix, davantage encore qu'en décembre 2005.

Nous pourrions nous demander ce qu'a motivé ce référendum tout comme nous pourrions nous demander pourquoi NS n'en fait pas autant si la réponse à cette dernière question n'était pas si tristement évidente.

Il convient de rappeler que depuis l'indépendance de ce petit pays en 1825, son importance onomastique a pris tout son sens, le rédacteur de sa première constitution (Simon Bolivar, figure emblématique de toutes les velléités d'indépendance en Amérique Latine)lui a donné son nom, ce théoricien visionnaire qui désignait déjà les Etats-Unis comme l'ennemi auquel il faudrait s'arracher...
Force est de constater que pas moins de 180 coups d'Etats ont été fomentés par Washington et la CIA depuis lors, toutes les réformes à caractère social ont été mises à mal par l'ingérence de Washington.

Il suffit de penser au sort de Victor Paz Estenssoro et du MNR (Movimiento Nacionalista Revolucionario) qui en 1951 se voit dérober une victoire électorale par l'armée, lorsqu'en 1952, il lance une révolution, c'est pour demander de nouvelles élections, celles-ci lui permettent d'accéder au pouvoir. Il instaure alors le suffrage universel, redistribue les terres du pays (2 août 1953), améliore l'éducation de la population rurale, et nationalise les plus grandes compagnies minières du pays. Mais il est renversé par une junte militaire en 1964, laissant place à une succession de gouvernements faibles et d'Etats Militaires (Mesa, Lozada...)
Il faudra attendre décembre 2005 pour que le premier président indien soit élu à 54%, Evo Morales lance une 3ème nationalisation des hydrocarbures et s'inscrit en droite ligne de la politique sociale de Chavez, ceci est accompagné d'une occupation des champs pétrolifères, spécialement dans le sud du pays, dans le département de Tarija... et bien évidemment, le gouvernement de Washington attend depuis le moment opportun pour déstabiliser le gouvernement.

En mai 2008, un prétendu référendum d'"auto-determination" dans la région de Santa Cruz(derner bastion de l'oligarchie qui concentre une bonne partie des ressources économiques du pays) celui-ci devait permettre de diviser le pays en s'appuyant sur la volonté sécessionniste de la région par rapport au gouvernement central et entraîner ainsi une inévitable guerre civile.

Les plus grands spécialistes se sont alors insurgés et ont dénoncés cette situation dans une pétition (dont Adolfo Pérez Esquivel, Rigoberta Menchú, Noam Chomsky, Ignacio Ramonet...) dénoncaient « la conspiration pour diviser la Bolivie » et appelaient à « soutenir le Président Evo Morales ».

Extrait de cette pétition: « en Bolivie, le processus de changements pour les majorités court le risque d’être brutalement restreint. L’arrivée au pouvoir d’un président indigène, élu avec un soutien sans précédent dans ce pays, et ses programmes de bénéfice populaire et de récupération des ressources naturelles, ont dû affronter dès les premiers moments les conspirations oligarchiques et l’ingérence impériale.
Récemment, l’escalade conspirative a atteint ses niveaux maximaux. Les actions subversives et anticonstitutionnelles avec lesquelles les groupes oligarchiques prétendent diviser la nation bolivienne, reflètent la mentalité raciste et élitiste de ces secteurs et constituent un très dangereux précédent, non seulement pour l’intégrité de ce pays, mais aussi pour celle d’autres pays de notre région..."

Preuve s'il en était besoin du brouillage médiatique qui sévissait alors et qui continue aujourd'hui de passer sous silence une situation des plus critiques, une véritable épée de Damoclés est prête à s'abattre sur la Bolivie et il ne tient qu'à nous de soutenir le choix du peuple bolivien qui sait bien, lui, où sont ses intérêts, il ne tient qu'à nous de dénoncer cette politique conspirative pour que l'élan démocratique et social en Amérique Latine ne soit pas réduit à un coup d'épée dans l'eau (pour filer la métaphore).
Morales joue donc le quitte ou double, en misant sur le large soutien dont il jouit chez les populations indigènes, paysannes et ouvrières. L'autre chemin, celui de la négociation avec les préfets radicaux de la dénommée "Demi Lune", des départements de Beni, Pando, Tarija et Santa Cruz, ayant échoué.

Des réferendums pour l'autonomie ont été organisés dans ces régions sans observateurs nationaux ni internationaux, même l'OEA (qui n'est pourtant pas connue pour son penchant progressiste n'a pas envoyé d'agent). Ces réferendums déclarés illégaux par la CNE (Cour Nationale électorale) se sont soldés par une abstention massive des masses ouvrières et paysannes soutenant l'unité constitutionnelle de la Bolivie, et ce malgré la réunion des forces d'extrême droite tel que la Unión Juvenil Cruceñista de Santa Cruz.

Morales dérange à plus d'un titre et il n'est pas étonnant de voir que les médias européens taisent les agissements de l'ambassadeur américain Goldberg et évitent de parler du rôle de l'extrême droite dans la menace de coup d'Etat qui plane au dessus de la Bolivie,( il suffit, pour s'en convaincre de jeter un oeil sur la lettre ouverte d’Evo Morales, à propos de la "directive retour" de l’Union Européenne le 15 juin 2008 (www.legrandsoir.info/spip.php?article6789

Alors restons vigilant et soutenons tous les efforts faits pour que le terme de démocratie cesse d'être galvaudé et souvenons-nous qu'oublier l'histoire c'est se condamner à la revivre.
Voilà ce que rappelle très justement le grand spécialiste belge de l'Amérique Latine à propos de l'ambassadeur des Etats-unis:
"Pourquoi a-t-on exporté Goldberg des Balkans à la Bolivie ? Pour transformer, j’en suis sûr, ce pays en une nouvelle Yougoslavie. Le séparatisme est une méthode privilégiée par les Etats-Unis pour reprendre le contrôle de richesses naturelles ou de régions stratégiques lorsque des gouvernements se montrent trop indépendants, trop résistants aux multinationales."

N'oublions pas non plus l'existence d'une base militaire des Etas-Unis au Paraguay installée après le 11 septembre 2001 pour lutter contre... contre quoi au juste?

samedi 26 juillet 2008

Dostoievski l'incontournable!

Il en est de la lecture comme d'un divan, on la voudrait confortable voire réconfortante, telle une réminiscence de ce que l'enfance comporte de plus tendre. L'Homme entré dans l'âge obscure que l'on qualifie (pour se rassurer)d'"adulte" a toujours, souvent malgré lui, quelque faille de son être où le merveilleux pénètre subrepticement, quelque aspérité de son existence où le sentiment vital de l'enfant qui s'ennuie se vautre jusqu'à l'abandon.

Le plaisir du lecteur, ce n'est rien d'autre que l'Homme et l'enfant réconciliés, et cet armistice n'est rendu possible que par identification et empathie avec les personnages, héros ou antihéros, avec nous même en somme.

Cette relation charnelle avec le corps du texte, cette façon que l'on a de caresser des pages inconnues comme pour en révéler le mystère, cette soif d'absolu qui nous gagne lorsque l'on reprend le fil de la lecture, en dit long sur la nécessaire correspondance d'une solitude à l'autre au delà des siècles, relève bel et bien du plaisir...

Il existe donc un érotisme littéraire très bien sentie par R.Barthes en ceci que le plaisir ne mène à la jouissance qu'à la condition sine qua none d'une mise en danger:

"celui qui met en état de perte, celui qui déconforte (peut-être jusqu'à un certain ennui), fait vaciller les assises historiques, culturelles, psychologiques, du lecteur, la consistance de ses goûts, de ses valeurs, et de ses souvenirs, met en crise son rapport au langage." (Plaisir du texte, 1973.)

On ne peut bien comprendre cette idée que si, par bonheur, le désir nous prend de nous attaquer (et j'emploie ce mot à dessein) à un auteur tel que Dostoievski et nous plonger dans les affres de la pensée russe du milieu du XIXème siècle, alors... alors... loin de l'hiver sibérien auquel on s'attend, loin de cette dimension religieuse qui a concentré l'essentiel des exégèses sur "Crime et Châtiment"
L'écriture passionnée, épileptique nous plonge dans une fièvre cérébrale pour le moins inattendue, une intensité permettant de surpasser ce déferlement de noms russes qui perd le lecteur et l'oblige presque à l'amnésie jusqu'à la perte de lui-même.

De l''étudiant pauvre de "Crime et Châtiment" qui, sous l’influence de théories mal digérées, décide de tuer une horrible vieille usurière, qui n’est utile à personne. Dans ce roman à la structure policière décrivant un crime parfait, Pas de suspense extérieur : une pénétration psychologique de Raskolnikov qui ne cherche pas, comme on l'entend trop souvent dire, le repentir, par ce qu'il n'y a précisément pas d'absolution possible selon F.Doestievski, pas de rachat de l'âme mais une victoire de la conscience devant l'étendu de ses responsabilités... idée qui impressionna Nietzsche à la lecture du roman!

Au prince Mychkine, "L'idiot", en proie dans sa jeunesse à des vertiges étranges après un amour malheureux, dont on se rend compte assez vite qu'il est d'une intelligence supérieure, celui-là est seul face à tous. Il bouleverse les conventions sociales sans le vouloir. Il est le héros tragique de la société moderne dans une perspective hegelienne. Il est la fragilité même. C’est de cette fragilité qu’il tire sa force, ses pouvoirs. Il fascine tous les autres (Aglaia, le Général Rogogine et surtout... la Nastassia filipovna et son insondable mystère). Perdu dans cet déstructuration du temps, dans l'épaisseur existentielle de tous les personnages sans exception, le lecteur ne se retrouve pas à proprement parler dans ce personnage mais s'y abandonne et s'y perd tout à fait.

Ce personnage qui focalise l'attention car on le croit malade est sauvé par son talent d'écriture découvert par le général Epantchine. il connaît les écritures anciennes et son intérêt pour le poème de pouchkine "le chevalier pauvre" mis en relation avec l'évocation du Quichotte n'est pas anodin. Beaucoup a été dit sur ce personnage notamment qu'il est une figure christique, or il n'a pas de message à délivrer, il est plutôt, à l'image de son créateur, un point d'interrogation sur la foi et sur lui-même. Son insatiable besoin de vie qui le soulage du poids de l'existence, qui lui gonfle la poitrine lorsque les rouages de la société hiérarchisée et repliée sur elle-même lui deviennent insoutenables. On remarquera que même au beau milieu de ces crises de "sueur froide" de ces "ténèbres glaciales de l'âme", son visage mortifié esquisse toujours un léger sourire de contentement.
Sa force réside précisément dans son mystère que les autres prennent pour une maladie... dans ce plongeon vertigineux qui le fascine et terrorise ceux qui l'entourent.

L'idiot résume à lui seul toute la puissante écriture de Dostoievski et la profondeur du portrait qu'il fait de l'âme russe dans son oeuvre: une âme chargée de religiosité et de scepticisme (le dialogue entre un croyant et un sceptique apparaît souvent dans ses oeuvres). Ce questionnement glacial et métaphysique n'épargne rien, ni son âme "malade"... ni la nôtre, il nous laisse comme mortifié à notre tour.

On perd pied face à l'immensité du talent, cette violence que le personnage dostoievskien génère contre lui même et qui nous arrive en plein flanc, ce n'est définitivement pas fait pour réconforter mais, bien au contraire, pour nous mettre en guerre, une guerre sensuelle ("Il n'est de pire peine que d'être en paix pour des amants..." disait le grand Jacques), cet univers nous arrache au divan, nous met en arme et nous porte jusqu'à cette fascinante victoire qu'est la jouissance.

mercredi 16 juillet 2008

Colombie: Après le tsunami médiatique...la lame de fond?

A ceux qui se sont naïvement gargarisés de la victoire de l'armée colombienne et comme par écho du gouvernement Uribe, criant à la victoire de la démocratie, glorifiant à l'instar de Mme Bétancourt Dieu, l'armée et Sarkozy... En réaction presque épidermique à ce déferlement médiatique ad nauseam de bons sentiments, à cette manipulation unanimiste et personnalisée de "l'info", il serait peut-être bienvenue de parler de la nature et des méthodes employées pour asphyxier toute les velléités de résistances dans ce régime autoritaire militarisé et les conséquences d'un gouvernement qui a demissionné depuis longtemps déjà...

En ce qui concerne le droit des travailleurs:

Certaines entreprises nationales et multinationales semblent s’être dotées d’un plan systématique pour détruire les organisations syndicales. C’est notamment le cas de la multinationale espagnole Union Fenosa et de sa filiale colombienne Electricaribe, que le syndicat des travailleurs de l’électricité de la Colombie (SINTRAELECOL) accuse de recourir à une stratégie basée sur le harcèlement, la persécution et des actions répressives et illégales contre les travailleuses et les travailleurs pour annihiler l’organisation syndicale.

Elles auraient notamment recours à des procédures fallacieuses pour licencier des employés conformément aux quotas de réduction mensuels des effectifs imposés par la direction générale en Espagne, réduisant, par là-même, le pourcentage de personnel couvert par la convention collective et affilié à SINTRAELECOL.
Deux travailleurs qui avaient eu l'"impertinence" de se syndiquer se sont fait descendre le 25 juin dernier, ce qui élève le nombre de syndicalistes tués depuis le début de l'année à 28 hommes, voilà la politique répressive d'un régime dit "démocratique" que certains ne cessent, depuis quelques temps, de porter aux nues.
Cependant, on ne saurait comprendre la situation critique de l'Amérique Latine et l'importance de toutes les revendications sociales, économiques et identitaires sans évoquer le rôle déterminant de Washington et de sa volonté expansionniste.

C'est l'ensemble des droits fondamentaux des travailleurs qui se voient foulés aux pieds par les investisseurs étrangers et par le droit d'ingérence que se sont octroyé les Etats-Unis depuis près de deux siècles. Washington a plus que jamais dans l'idée que l'Amérique latine tombera inéluctablement dans leur piège impérialiste. L'ensemble des dispositions quasi messianiques telles que la garantie de la sécurité, la stabilité politique et économique n'a fait qu'accentuer les situations de crise à l'aune de mesures qui, dès le XIXème siècle, visaient à installer l'hégémonie des Etats-Unis: La Doctrine Monroe (1823) et le morbide manifest destiny(1840'-1850').

Qu'en est-il du sort des peuples indigènes en Amérique latine?

Les Koguis en Colombie, les Mapuches Du Chili, les indiens du Chiapas...?

Des situations différentes à bien des égards (dû à la singularité de ces pays latino-américains, à leurs spécificités historiques et politique) mais tragiquement similaires en ce qu'elles relèvent de la négation pure et simple de l'Humain et de ses droits universels.
Ces peuples sont littéralement pris à la gorge par ceux dont ils rejettent moins le mode de vie que l'ignorance et la barbarie dont ils font preuve. Ils sont traqués, arrachés à leurs terres, leur culture est méprisée par ceux qu'ils appellent de façon significative leurs "petits frères", contraints de se réfugier dans les montagnes, ils ne peuvent cultiver que des terres pauvres. Cinq années sont nécéssaires pour enrichir la terre mais sitôt que l'endroit où ils se sont installé devient "vivable" leurs cultures sont brûlées par les pesticides envoyés dans le cadre du plan Columbia, comme le disent les Koguis de la Sierra Nevada "nous sortir de notre environnement c'est nous mettre en prison".

Voilà en substance, la violation des droits Humains, du droit des travailleurs les plus fondamentaux dénoncée par les plus hautes instances du TPP (Tribunal Populaire des Peuples) qui se perpétuent loin, très loin des JT européens.


NB: Des leaders syndicaux du Canada représentant un million de travailleurs se rendront en Colombie fin juillet pour évaluer la situation des droits de la personne, affaire à suivre...

Sources:
L'Etat militaire en Amérique Latine, éditions du Seuil, (1982).
Le monde diplomatique, juillet 2008.
risal.collectifs.net/ - 51k -

jeudi 3 juillet 2008

Colombie: petit état des lieux



Les FARC sont loin d'être des enfants de coeur, et loin de moi l'idée d'en faire l'apologie ceci dit, avant d'avancer des termes par trop réducteurs "( des assassins, des terroristes, des voyous.. )", il conviendrait de préciser que la situation en Colombie est beaucoup plus complexe que cela, et ce, depuis le début du XXème siècle.
Comme dans d'autres Etats-militaires en Amérique Latine, l'armée colombienne est née sous l'égide des différents partis conservateurs des trente premières années du siècle dernier.
C'est depuis 1948, lors du coup d'Etat que l'on appelle le "Bogotazo" et l'assassinat du libéral populiste Gaitán, que l'armée régulière a pu participer directement au pouvoir étatique et gouvernemental, provoquant une répression sans précedent.

Uribe représente le pendant contemporain, autoritaire et démocratique du dictateur militaire Augusto Pinochet qui a dirigé le Chili durant la guerre froide. Tout au long des années 70 et 80, une part significative de la population chilienne a soutenu les politiques autoritaires de Pinochet qui ont accordé la priorité à la sécurité et à la croissance économique au détriment de la défense des droits de l’Homme. Alors que Pinochet excellait dans l’art de faire « disparaître » ses opposants, le nombre de Colombiens « disparus » durant le premier mandat d’Uribe (2002-2006) excède le nombre total de Chiliens disparus durant les dix-sept ans de dictature militaire... à cela il faut rajouter les 3 millions de personnes "déplacées"!

En outre, le terrorisme d'Etat en Colombie ressemble à s'y méprendre à celui de Pinochet, il a été largement documenté par Amnesty, Human Rights Watch et de nombreux autres groupes: Dans une étude de 31.656 cas d’assassinats et disparitions entre 1996 et 2006, la Commission Colombienne de Juristes a découvert que 46 pour cent des meurtres avaient été commis par les escadrons de la mort et autres AUC et 14 pour cent par les FARC. Les paramilitaires étaient responsables de plus de 3 millions de personnes déplacées dans le pays. Cette misère est le résultat de la soi-disant « guerre contre la drogue » du Plan Colombie, dont le véritable objectif est l’élimination des FARC, étrangement semblable au fameux plan Condor de Pinochet des Etats-Unis.

A ceux qui rétorqueraient que Uribe a été réelu en 2006 par plus de 60% des colombiens...
-En Colombie, le taux de participation dépasse très rarement 45%, cela est loin de représenter l'ensemble du peuple colombien, et ça, sans compter les pressions des para-militaires régularisés par la para-politique d'Uribe!

A ceux qui avanceraient que le coup d'Etat et le régime dictatorial de Pinochet ne peut être comparer au régime démocratique de Uribe...

N'oublions pas qu'en 1980, Pinochet est devenu président de la république dans le cadre d'un régime constitutionnel!


Enfin a tous ces gens qui ont tôt fait d'adopter les offuscations et les scandales de la déesse aux cent bouches muselées...

Je demanderais:
-Avons-nous entendu des gens s'offusquer de la réforme constitutionnelle sur le renouvellement du mandat présidentiel par Uribe?
-Disposons-nous d'autres informations que celles transmises par le gouvernement colombien sur les circonstances de la libération?
- savez-vous qu'une rencontre était prévue entre R.Reyes et un représentant de l'ONU?
-Comment les fameux ordinateurs remis par le gouvernement colombien à interpol aurait-ils pu résister au bombardement qui a tué Reyes?


M. Uribe devait de toute urgence dévier l’attention internationale du scandale de la « parapolitique » dans lequel il est chaque jour davantage empêtré. Ce scandale met en cause depuis 2007 les criminelles alliances de la classe politique avec la mafia des narco-paramilitaires, qui bénéficient d’un processus de démobilisation déjà très controversé (amnistie pour leurs atrocités au nom d'une politique mafieuse ironiquement appellé "justicia y paz") et critiqué par les organismes de défense des droits humains.

Ce que l'on nous présente aujourd'hui comme une victoire de la démocratie est une victoire de la liberté, certe, mais il ne faut pas oublier la manipulation politique qui apparaît en filigrane. En mai dernier a eu lieu un nettoyage de printemps: l’extradition des quinze chefs « paras » les plus importants aux Etats-Unis et ceux-là se sont mis a parlé des liens étroits qui unissent le gouvernement Uribe et les narco-trafiquants, de même les exactions les plus meurtrières sont celles des Para-militaires qui ne laissent comme choix aux paysans colombiens (vous savez, ceux que l'on entend jamais ou que l'on entendra plus!) qu'entre l'expropriation et la mort...

Alors pensons à ceux qui sont encore dans la jungle mais n'oublions pas les milliers de prisonniers politiques (syndicalistes, intelectuels...), de fait Uribe a toujours considéré que l'une des méthodes de recrutement de l'ELN était les branches syndicales et étudiantes et cela lui suffit pour expliquer les assassinats de quelques uns parmi les 470 "disparitions" depuis 2002, ceux-là même qui croupissent dans les geôles d'un régime dangereusement proche de celui de Pinochet, utilisant d'autres armes tout aussi efficaces et qui aujourd'hui est applaudi par l'opinion internationale!!!

Laissons la parole aux paysans colombiens qui parlent d'une autre forme de terrorisme:

ps: Un saludo a las luchas del pueblo Mapuche

vendredi 16 mai 2008

De Nietzsche à la conscience collective aujourd'hui

Un siècle entier, même le plus destructeur de toute l'histoire de l'humanité, ne suffit guère à annihiler la pensée, Nietzsche fut bel et bien un visionnaire car il avait perçu la crise métaphysique qui allait faire de l'homme une formidable machine d'autodestruction. Ce philosophe rejeté à tout le moins dans la terrifiante obscurité du néant n'en est pas moins l'un des maîtres à penser de l'Occident, son enseignement a malheureusement été récupéré par les nazis pour mener à bien leur entreprise du pire.
La pensée nietzschéenne est à ce point complexe qu'elle a conduit à des interprétations fallacieuses et destructrices, mais il ne s'agit absolument pas d'un système de pensée figé. Ce que dit Nietzsche, en substance, c'est de la matière à penser la responsabilisation, Il arrache la liberté de son au-delà mythique et replace son couronnement tout au creux des mains de l'homme.

Dans "la naissance de la tragédie", Nietzsche rappelle la dichotomie inhérente à l'être, sa dimension apollinienne( liées à toutes les facultés créatrices de formes, de logos, de mythes et de religions) et sa dimension dionysiaque (liées à l'ivresse des profondeurs de l'être lorsque l'homme reconnaît en lui-même l'autre comme un frère), ces deux instincts de la mesure et de la démesure qui forment l'équation à une inconnue: l'être.

L'homme pris entre ces deux mondes du rêve et de l'ivresse devient artiste à mesure qu'il se défait de son destin, selon le philosophe, le principe d'individuation (fléau de notre siècle) ne peut se combattre que par la résurgence de "l'Un primordiale", cette matrice de l'humanité qui lui confère un seul et même but (la concorde), là où il n'y a de guerre que celle des idées. En réalité, Nietszche parle ni plus ni moins que de la solidarité et cela relève autant d'un pur instinct de conservation que d'une haute idée de la conscience collective défaite de la morale judéo-chrétienne.

La volonté de puissance exprimée par le philosophe ne relève ni de la violence sur l'autre ni de la domination de quelques privilégiés, c'est tout simplement l'inverse, c'est la somme des forces d'un individu qui le font aspirer à un plus haut degré de liberté, il s'agit d'une guerre intestine contre soi-même, contre tout ce qui nous incline et nous fait croire que nos chaînes sont indestructibles et qu'il nous faut les porter avec courage et abnégation.

NS, aussi inculte soit-il, suit (contrairement à ce que l'on nous dit)une ligne politique car il a bien compris que cette crise de la pensée était un terreau fertile, que la culpabilisation était l'arme absolu contre toute revendication de liberté et de justice, l'homme sans dieu perdu dans les méandres de l'existence craint l'autre parce qu'il a peur de lui même et de l'horizon qui s'offre à lui, s'il n'est pas conscient de sa puissance en tant qu'individu, il ne peut comprendre la force de l'union et en cela peut-être Marx et Nietzsche n'étaient pas si en désaccord.

Lors même que la liberté est assaillie de toutes parts et que des individus luttent pour l'intérêt collectif, on trouve toujours en face des esclaves désabusés pour nier jusqu'à l'évidence de leur condition, pour se déresponsabiliser du sort qui les attend, pour se réfugier dans un semblant de conscience fondée sur la morale et son néfaste corollaire... la culpabilité.

"La morale qui est ici en vigueur exige assurément quelque chose d’inverse, en l’espèce une culture rapide, pour que l’on puisse rapidement devenir un être qui gagne de l’argent, mais aussi une culture assez approfondie pour que l’on puisse devenir un être qui gagne beaucoup d’argent. On ne permet la culture à l’homme qu’en proportion de ce que demande l’intérêt du gain, mais c’est aussi dans la même proportion qu’on l’exige de lui."

NIETZSCHE, Sur l’avenir de nos établissements d’enseignement (1872), traduction Backès, Idées/Gallimard, 1973, p. 43-47

La lutte des classes n'a pas cessé et lorsque Nietzsche parle de "la puissance de la volonté" il parle de forts et de faibles, en réalité, il souligne (et Alain après lui) que n'est vraiment esclave que celui qui est pétri de "mauvaise conscience" car il refoule ses "instincts de liberté". Les faibles sont précisément ces victimes de l'illusion: il s'agit autant de ceux qui croient dominer que de ceux qui pensent que le combat est vain.
Le style est sombre mais l'idée est claire, lumineuse...foudroyante(?): la force n'est jamais du côté des oppresseurs.

Más oscura está la noche más cerca está el despertar!


GREVE GENERALE!!!

mardi 6 mai 2008

Les mythes de la pensée "petite bourgeoise"

Les mythologies de R. Barthes auraient pu bien vite me tomber des mains tant ce technicien littéraire me faisait peur, en effet, certaines analyses comportent ce qu'on appelle en traductologie des "résistances", un lexique jargonneux, des références savantes et parfois extrêmement allusives, autant d'obstacles à surmonter pour un lecteur lambda peu coutumier de la langue de l'essayiste.

On se transforme peu à peu en une sorte d'explorateur de cette écriture hiéroglyphique, on rencontre les mêmes difficultés qu'un Champolion mais aussi les mêmes plaisirs... car le regard tantôt panoramique tantôt kaléidoscopique que Barthes pose sur la société occidentale du milieu du siècle dernier arrache les pensées de leur au-delà mythique et les enracine dans un quotidien prosaïque très signifiant.

Il décortique avec talent et un sens de la précision inouï les mythes fondateurs de la société "petite-bourgeoise" et montre combien il est important de revenir à une pensée fertile qui ne se contente pas des "pâquerettes".

L'auteur déverse un fiel intelligent sur une pensée subie et conchie le supposé "bon sens" français, celui des "petites gens" (dixit Poujade ou Raffarin), mais aussi celui des intellectuels et des critiques. Il existe, écrit-il, une "critique muette et aveugle" qui ne comprend rien à l’existentialisme ou au marxisme, et s’en vante au nom de ce bon sens pour lequel les idées trop complexes seraient inaccessibles au commun des mortels.

"Le vrai visage de ces professions saisonnières d’inculture, écrit Barthes, c’est ce vieux mythe obscurantiste selon lequel l’idée est nocive, si elle n’est contrôlée par le "bon sens" et le "sentiment".

Certains de ces textes sont inoubliables, comme « Le monde où l’on catche », témoignant, par-delà la critique, de la fascination de Barthes pour la culture populaire, ou « L’écrivain en vacances », indice de la curiosité que l’homme de lettres n’a pas encore cessé de susciter dans les mentalités françaises.
de l’abbé Pierre aux magazines (Paris-Match, Elle, etc.), du Tour de France à "l’usager de la grève"(objet de scandale pour le petit-bourgeois), on retrouve chacun de ces "mythes" dans la France d’aujourd’hui, aussi vigoureux qu’il y a cinquante ans.

Barthes a saisi, a révélé (au sens photographique du mot qu’il aimait bien) les forces négatives qui travaillaient son pays à travers quelques "clichés", ces forces ont forgé le creuset d'une pensée constipée qui stigmatise nos sociétés de façon paroxysmique, la lecture de ces articles nécessite quelques clés mais si l'on a envie d'ouvrir les portes que Barthes nous présente...on aura une lumière nouvelle sur les tares de notre société et l'on pourra tenter de construire une pensée digne de ce nom et les moyens de son action.

La pierre de touche des Mythologies de Barthes est que La pensée "petite-bourgeoise" s'exprime partout où il y a un nivellement par le bas ou le niveau d'exigence s'approche du degré zéro, on pense inévitablement au sort de l'école aujourd'hui et au refus de donner des clés (pourtant fondamentales) aux gamins, le pire c'est que ces mythes pénetrent jusqu'au discours de certains esprits de gauche sans même qu'ils s'en aperçoivent!

La simplification à l'extrême de la pensée s'incarne dans les tautologies qui polluent la réflexion et qui littéralement finissent par l'anéantir, en effet, pour Barthes qui base sa réflexion sur la sémiologie de Saussure et la sociologie marxiste, le mythe est une « Image simplifiée, souvent illusoire, que des groupes humains élaborent ou acceptent au sujet d’un individu ou d’un fait et qui joue un rôle déterminant dans leur comportement ou leur appréciation ».

Pour ne donner que deux exemples de la façon dont le mythe est véhiculé, Barthes joue sur son terrain, il analyse quelques figures rhétoriques pour le moins... éloquentes:

La vaccine - « On immunise l’imaginaire collectif par une petite inoculation du mal reconnu »: voir le pseudo- mea culpa médiatique de NS: "j'ai ma part de responsabilité"

La privation d’histoire - « Le mythe prive l’objet dont il parle de toute Histoire »: voir l'horrible discours de Dakar sur les peuples "a-historiques"

La tautologie est alors l'incarnation linguistique du mythe :
« on se réfugie dans la tautologie comme dans la peur, ou la colère, ou la tristesse, quand on est à court d’explication »: voir le discours de Latran en décembre 2007 sur la "laicité positive", ou encore l'histoire des caisses vides par exemple...

lundi 21 avril 2008

La "pauvreté moderne" ou la misère




Contrairement à ce que certains semblent penser, "ces gens" comme ils disent c'est vous, lui, moi...ils n'ont pas choisi de vivre en marge, ils ont fuit des situations souvent insoutenables dans leurs pays d'origine, il y avait encore dans leur imaginaire collectif l'idée d'une France "terre d'accueil", un eldorado démocratique, mais sous les ponts du périph' et dans la puanteur des décharges alentour il n' y a guère de place pour l'imaginaire, il n'y a que la réalité brute du matin humide et glacial qui vous gèle les os... loin, très loin de leur laisser le moindre choix!

On voyait bien quelques cartons amoncelés, des flammes dégageant de la fumée noire du côté de la villette, de Garges et Sarcelles... oui on fait semblant de ne pas voir parce que Nietzche fait encore peur et il est plus facile de partir du postulat que partout où ça sent la merde ça ne sent pas l'homme et pourtant...

On remarquera que les hommes les femmes et les enfants sont absents, ces bidonvilles ressemblent à des no man's land, à ce que Giono aurait appelé des "cimetières de surface" et pour cause: tandis que les hommes se font exploiter sur des chantiers, des femmes et des enfants aux confins de la misère sont contraints de passer leurs journées dans les décharges pour trouver de quoi ne pas crever auprès du commun des mortels...tout y sent l'abandon jusque dans les jouets rouillés des enfants et tandis qu'un rom pose un petit carton près de nous en chuchotant un triste "bonchour", notre regard glisse sur le paysage de la honte à la vitesse d'un RER.

Si seulement cette réalité pouvait clouer le bec à tous ceux qui osent encore dire: "en France personne ne crève la faim, il n'y a, par exemple, pas de bidonvilles" et autres inepties du genre.

Vouloir absolument comparer une misère à une autre et établir ainsi une espèce de hiérarchie sordide dans le malheur est en soi une absurdité mais si en plus on s'abaisse (comme s'obstinent à le faire certains économistes) à dire que l'économie de marché est la seule capable de mener à bien "la lutte contre la pauvreté" alors on se condamne à une lutte contre les pauvres, penser que dans les pays hypocritement dits "en voie de développement" il y a de la misère et que dans les "pays du Nord" il n'y a que de la pauvreté touche au non-sens!

La néfaste politique néo-libérale des pays "riches" crée ses propres laissés-pour-compte, elle en a besoin tel le diamant de son crapaud et l'inscrit dans son programme de la peur, elle prétend que produire plus et avoir une économie en croissance serait la condition sine qua non de tout combat contre la pauvreté... est-il besoin de rappeler les 35 millions de pauvres qu'abritent les Etat-Unis?

La pauvreté moderne, ce bouillon d'ordure cultivé par le gouvernement où s'agrègent la précarité, la désinformation et la peur de l'autre n'a plus rien à voir avec la pauvreté solidaire qui existait encore avant la révolution industrielle, elle est en tous points semblable à ce mot tout aussi effrayant que la réalité à laquelle il renvoie: La misère.

Une analyse très intéressante de Majid Rahnema, un philosophe qui s'est penché sur la question de la pauvreté moderne dans son livre "Quand la misère chasse la pauvreté":

"Pourquoi disons-nous sans cesse que la pauvreté est un ensemble de manques, définis par les gens du Nord et qu’ils sont seuls à même de satisfaire ? Il n’existe pas de manque en soi. Tout « manque » pose la question de son rapport avec le sujet du manque, la perception que ce dernier a de ce manque et les moyens dont il dispose effectivement pour lui apporter une réponse pratique.
Quant à l’aide aux pauvres, aujourd’hui, le mot "aide" est corrompu. On s’en sert dans l’intention de s’immuniser contre les menaces potentielles que représentent les pauvres, beaucoup plus que pour leur venir en aide."

On ne pourra plus dire qu'on ne savait pas... à l'heure où le déni de démocratie est à son paroxysme, on pourrait ajouter que l'indifférence est un déni d'humanité, on doit combattre la dérive sémantique même pour dire la réalité telle qu'elle est... misérable!!!

Réveillons-nous!!!

vendredi 18 avril 2008

Résistance!



Nous sentons bien que ce qui était prévisible, point doucement au dessus de l'horizon, le mur se rapproche inéluctablement et l'on continue de s'étrangler à trop entendre les sempiternelles réponses des fatalistes, de ceux qui pensent qu'on ne peut rien contre cette forme de mondialisation parce qu'elle est, en substance, "la marche du monde"...

Lorsque le FMI est capable de trouver des dizaines de milliards pour sauver les banques au moment où leur situation est critique et ne veut rien entendre au cri des peuples alors qu'il suffirait de 500 millions de dollars pour éviter que 1 milliard de personnes ne meurent de faim, on a comme un goût dégueulasse dans la bouche...

La grève générale se profile face aux injustices les plus notoires,contre cet ultra-libéralisme qui pour être individualiste est la négation même de l'individu.
Cette divinisation du fric dont parlait déjà Quevedo, aujourd'hui, tandis qu'elle réduit le tiers de l'humanité à l'état de "tube digestif" elle anéantie les deux tiers dans l'ignominie de la faim, rien d'étonnant alors à ce qu'à un moment ou à un autre les hommes se retrouvent enfin face à leurs semblables.

Prévert l'a bien dit: "Quelle connerie la guerre", qu'elle soit contingente, politique, militaire, financière ou tout cela à la fois, la seule réponse qu'elle mérite n'est pas l'opposition mais la résistance, le seul acte capable de rendre à l'humain toute sa force et sa dignité

Le texte programmatique de l'EZLN en 1997 a été publié dans le Monde Diplo en Août de cette année, il a aussi été envoyé aux journaux de tous les pays! Une petite analyse du Commandant Marcos qui perce à jour ce que d'aucuns considèrent encore comme une marche inexorable:

"Si la troisième guerre mondiale a vu l'affrontement du capitalisme et du socialisme sur divers terrains et avec des degrés d'intensité variables, la quatrième se livre entre grands centres financiers, sur des théâtres mondiaux et avec une formidable et constante intensité.

Grâce aux ordinateurs, les marchés financiers, depuis les salles de change et selon leur bon plaisir, imposent leurs lois et leurs préceptes à la planète. La " mondialisation " n'est rien de plus que l'extension totalitaire de leurs logiques à tous les aspects de la vie. Naguère maîtres de l'économie, les Etats-Unis sont désormais dirigés, télédirigés, par la dynamique même du pouvoir financier : le libre-échange commercial. Et cette logique a profité de la porosité provoquée par le développement des télécommunications pour s'approprier tous les aspects de l'activité du spectre social. Enfin une guerre mondiale totalement totale !

Quelques minutes suffisent pour que les entreprises et les Etats s'effondrent ; non pas à cause du souffle des révolutions prolétariennes, mais en raison de la violence des ouragans financiers.

Vers la fin de la guerre froide, le capitalisme a créé une horreur militaire : la bombe à neutrons, arme qui détruit la vie tout en respectant les bâtiments. Mais une nouvelle merveille a été découverte à l'occasion de la quatrième guerre mondiale : la bombe financière. A la différence de celles d'Hiroshima et de Nagasaki, cette nouvelle bombe non seulement détruit la polis (ici, la nation) et impose la mort, la terreur et la misère à ceux qui y habitent, mais elle transforme sa cible en simple pièce dans le puzzle de la mondialisation économique. Le résultat de l'explosion n'est pas un tas de ruines fumantes ou des milliers de corps inertes, mais un quartier qui s'ajoute à une mégalopole commerciale du nouvel hypermarché planétaire et une force de travail reprofilée pour le nouveau marché de l'emploi planétaire."

mardi 8 avril 2008

Vivent les peuples tibétains et chinois libres!!!

Il en va de notre propension à l'humanisme comme du reste, il faut la garder au fond de soi comme le dernier des secrets, sans cela on court le risque de la jeter en pâture à la désinformation tentaculaire de la déesse aux cent bouches.

On se réveille au matin les yeux encore mouillés de rêves qui nous échappent et la réalité du monde nous éclate à la gueule, un réflexe pavlovien nous anime tout à coup, le scandale de la mort d'une culture, de la destruction de dizaines de monastères nous fait poser les yeux sur un conflit dont on ne comprend encore pas les tenants et les aboutissants et qui, déjà, nous révolte... je voyais déjà ça comme un "tragique Viet-Nam" qui pourrait fédérer les indignations...

Seulement voilà, l'avalanche d'images qui nous assaille est telle que c'est à en faire expirer nos plus belles idées de solidarité, plus on nous en sert et moins on a faim. Alors on cherche à en savoir un peu plus et puis on voit se profiler des nuances insoupçonnées qui ébranlent quelque peu notre offusquation première.

Le problème se pose sous des angles différents:

Pourquoi est-ce précisément aujourd'hui (au bout de 40 ans)que la cause tibétaine intéresse l'opinion internationale?

Pourquoi la question ne s'est-elle pas posée au moment du choix de la Chine pour le déroulement des JO?

Il règne une méchante odeur d'hypocrisie autour de cette mobilisation, ne faut-il pas se méfier lorsque l'on voit les députés UMP-PS quitter précipitamment l'Assemblée pour étendre leur pauvre banderole ("Pour les Droits de l'Homme en Chine")? Pourquoi continuent-ils à plier les genoux pour quelques contrats financiers?

Il faut, je pense toute raison garder car si Reporters sans frontières jouit, en France, d’une honorable réputation, les médias latino-américains (entre autres) l’accusent d’être à la solde de la CIA. L’association collecte plus de 2 millions d’euros par an auprès du public français pour venir en aide aux journalistes opprimés dans le monde. En réalité, seulement 7 % du budget général de RSF est affecté à sa mission principale. La véritable activité de l’association, depuis qu’elle a conclu un contrat avec l’officine d’Otto Reich, c’est la lutte contre les régimes progressistes latino-américains (Cuba, Haïti, Venezuela).

Rappelons que le Center for a Free Cuba avec qui RSF a signé un contrat en 2001 est une organisation créée pour renverser la révolution cubaine et restaurer le régime de Batista...n'y a-t-il pas de quoi se poser des questions?
Les tibétains ne seraient-ils pas devenus malgré eux les marionnettes d'un projet machiavélique dont nous devons arracher les ficelles?

Le seul espoir pour les peuples chinois et tibétains réside dans notre capacité à ne pas nous laisser manipuler de la sorte!
La flamme olympique (ironie du sort) a donc pris le bus...la belle affaire! Que les lumières de la vérité, elles, poursuivent leur oeuvre!
Méfions-nous de la soupe qu'on nous sert...
Sources:
www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2006-04-07%2015:02:46&log=attentionm - 30k -
www.legrandsoir.info/spip.php?article3536 -
NB:
Voir le texte sur le site de RSF le 8 juillet 2005 (il y figure encore) : « ... Les seules subventions que nous percevons en provenance des Etats-Unis sont celles des fondations Center for a Free Cuba et National Endowment for Democracy (NED). » Sur le même site, en cherchant bien, on trouve, en tout petit, parmi la liste des sponsors, un autreparavent de la CIA crée par le milliardaire et magnat de la presse George Soros : l’Open Society Institute, très active dans les travaux souterrains de reversements des gouvernements. Pourquoi RSF cache-t-elle ces sponsors-là aux lecteurs de Métro ?

Maxime Vivas

vendredi 4 avril 2008

Manif Lycéennes: Sur les pavés la Rage!!!



Ces "gamins" comme certains les appellent sont la force vive qui, une fois dans la rue, n'a que peu de raisons de la déserter, l'éternelle question qui vise systématiquement à les infantiliser "Mais pourquoi vous êtes là?" comme s'ils n'étaient pas encore capable de penser...comme s'il ne s'agissait que d'un acte mimétique comme le disait Flaubert dans "l'Education Sentimentale", d'une rebellion esthétique, c'est dégueulasse!
On les prend sur le vif et on les interrompt dans l'élan et ça fait la part belle à ceux qui déjà ricanent de ces ados guevaresques quand ils devraient trembler...
Victor Hugo voyaient dans les yeux des "gamins des rues" qui participèrent activement à la Commune de Paris, des êtres ni enfants, ni adultes, mais des pensées en colère heureux de se retouver en frères, voyant là un espace de liberté sans pareil...il critiquait fermement le regard que portait la société "adulte"(sombrant ainsi dans un amère aveuglement) sur ces prétendus "enfantillages"!!!