Le coup d’État survenu le 28 juin 2009. est révélateur à bien des égards d’une tension permanente au sein des démocraties latino-américaines.
Mais le moins que l’on puisse dire c’est que la situation en Amérique Latine et le sort des peuples indigènes ne sont pas les priorités ni le point focal des journaux occidentaux. Grand bien leur fasse, car la façon qu’ils ont de traiter ce genre de sujet en dit long sur leurs méthodes de manipulation de l’information et les desservirait plutôt. Y allant tantôt de leur semblant d’analyse en regardant par le petit bout de la lorgnette tantôt transformant à tel point la vérité que l’on nage en plein mensonge, on peine à croire que leurs lecteurs goûtent encore de cette soupe froide. Aux lecteurs la nausée, Aux médias les mains sales.
Ainsi pouvait-on lire dans le Libération du 28/06/09 :
« Il avait convoqué les électeurs ce dimanche pour ouvrir la voie à une révision de la constitution qui lui permettrait de briguer un deuxième mandat le 29 novembre »
Tout d’abord, il ne s’agissait pas d’un référendum mais d’une consultation populaire (conformément à l’article 2 de la constitution) [1] s’appuyant sur 400 000 signatures sans portée contraignante. Ensuite, elle proposait la possibilité d’ajouter une quatrième urne aux élections générales qui auront lieu le 29 novembre 2009, en toute logique M. Zelaya n’aurait donc pas pu se présenter aux prochaines élections. Il n’était pas ici question pour Manuel Zelaya de « briguer un second mandat » mais de prévoir un référendum pour qu’une nouvelle constitution permettant la mise en place des réformes sociales nécessaires.
Cette décision politique s’inscrit en droite ligne de ce qui a été fait en Bolivie, en Équateur, au Venezuela et connaît les mêmes revers, rappelons seulement le coup d’État de 2002 au Venezuela et la tentative de coup d’État en Bolivie en 2008. Au Honduras, tous les dispositifs institutionnels ont crié haro sur le président Zelaya, le Congrès s’est empressé d’ordonner la destitution du président et la Cour Suprême, ayant validé le coup d’État, a donné l’ordre de séquestration et d’expulsion.
Qu’est ce qu’un golpe militar ?
C’est quatre commandos d’environ 200 soldats qui forcent la porte d’un président démocratiquement élu et lui arrache toute légitimité, non pas seulement en le contraignant à l’exil, mais en le séquestrant, en le réduisant au silence.
Ces méthodes de choc bien connues de l’école de Chicago de Milton Friedman, à Negroponte en passant par les écoles de contre-guérilla instiguées par la CIA nous rappelle que le Honduras, fort de sa base militaire nord-américaine, fut un temps le bastion des contras pour « desti-tuer » le président Sandino au Nicaragua.
Mais un coup d’État n’est pas à considéré comme une fin, il est ourdi bien avant l’intervention des militaires, l’appui d’une partie de l’Église, du patronat et des médias nationaux ne vient pas a posteriori, il en est un des creusets. La fausse lettre de démission de Zelaya, lue devant le congrès pour démobiliser les populations et relayée sans vérifications par CNN, est une démonstration de la guerre psychologique qui se livre avant, pendant et après le coup d’État et qui vise tous les secteurs de la société.
Le président M. Zelaya a déçu sa formation politique (Parti libéral) car une fois élu en 2005, désœuvré par l’indifférence des États-Unis à son égard, il a perçu l’urgence d’impulser un nouvel élan à gauche et s’est inscrit en plein dans la renaissance du bolivarisme en se rapprochant des gauches radicales d’Amérique Latine pour sortir d’une situation économique effrayante (70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté). Le Honduras est entré dans la coopération économique en ressources pétrolières Pétrocaríbe, brisant ainsi deux siècles de monopole des multinationales et de l’oligarchie, il s’est ensuite allié à L’Alba (l’Alternative Bolivariennes des Amériques initié par H. Chávez et visant l’intégration latino-américaine), rompant ainsi avec la dépendance économique face aux États-Unis.
Dès lors, son courage a suscité de vives réactions dans l’opposition qui voyait d’un très mauvais œil une démocratie qui ne serait pas que formelle, une économie qui ébranlerait les racines de l’oligarchie et une politique sociale supposant une campagne d’alphabétisation, des droits d’accès aux soins et d’une réforme agraire.
Les médias ont tôt fait de classer le coup d’état du 28 juin dans la catégorie « faits divers », bien moins important que le crash d’un avion où le décès d’un chanteur, le considérant comme un événement sans raisons ni fin, basant toute analyse sur le fait dans sa ponctualité, dans sa fulgurance alors qu’un coup d’État est rien moins qu’un processus. Le coup d’État est bien encore là, il croît par cercles concentriques comme l’onde de choc d’un pavé dans la mare, il est partout où croupissent des prisonniers politiques, il est dans la répression sanglante de la lutte du peuple hondurien, des syndicalistes, des étudiants.
Nous devons saluer le courageux combat que mène en ce moment même le peuple du Honduras, le dimanche 5/07/09, des milliers d’hommes ont marché pendant 6 heures vers l’aéroport de Tegucigalpa pour manifester leur soutien au retour de Manual Zelaya mais en vain. Les militaires, sous commandement express de Micheletti [2] (désigné président provisoire) ont empêché l’avion dans lequel se trouvait Zelaya d’atterrir et ont réprimé violemment les manifestants.
Parmi les résistants, beaucoup appellent à une fédération des forces syndicales, des organisations ouvrières et paysannes du Honduras et des pays voisins pour une grève générale, seule capable d’enrayer l’installation de la dictature militaire. D’autres, comme le président Chávez, pense qu’il faut démobiliser les bases des force armées et les appeler à désobéir aux ordres, à pointer leurs armes non contre leurs frères mais contre l’oligarchie.
Ce qui est certain, c’est qu’une solidarité internationale est indispensable au rétablissement de la démocratie au Honduras pour que soit respectée la souveraineté du peuple, pour que cessent les ignominies perpétrés par le pouvoir en place. Ne rien relâcher de notre vigilance, informer sur l’évolution de la situation. Nous devons faire honneur au courage d’un peuple en lutte en prenant à revers, tant que nous le pourrons, les pouvoirs politiques européens qui ont, eux aussi, une drôle d’idée de la démocratie (cf. le mini-traité européen).
Il ne faut pas compter sur l’intervention états-unienne pour le retour de M. Zelaya au Honduras, tout simplement parce qu’après un siècle de domination économique (avec l’United Fruit Company) et après y avoir installé une solide oligarchie militaro-industrielle, le coup d’État, étrangement, ne vient qu’ institutionnaliser un état de fait et empêcher un virage à gauche nuisible aux intérêts économiques des États-Unis, la timidité dont B. Obama fait preuve pour condamner le coup d’État est regrettable sinon suspecte.
Mais en France comme ailleurs, ont lieu des rassemblements pour témoigner de leur solidarité avec le peuple et partant avec le président M. Zelaya, des associations, des formations politiques et des comités de soutien répondent « presente », comme ici le jeudi 02 juillet :
Il ne faut compter que sur la capacité des forces de gauche internationales pour faire le contrepoint à la fabrication d’une histoire officielle, sur la solidarité internationale pour empêcher la répétition de l’Histoire.
Cependant, Le coup d’État est à considérer comme plusieurs signaux d’alarme retentissant d’un seul coup car si Zelaya revenait, ce qui serait en soi une victoire d’un point de vue symbolique, le combat devrait continuer. La diffusion de l’information et les témoignages de solidarité aux peuples en lutte devraient se poursuivre et s’étendre pour que les démocraties formelles du Chili, du Pérou, d’Argentine et d’ailleurs retombent dans leurs propres plis, pour que ces nouveaux visages de l’oppression des peuples latino-américains tombent enfin les masques.
samedi 26 septembre 2009
mercredi 5 août 2009
lundi 6 juillet 2009
ETAT D’ALERTE A LA DEMOCRATIE
MANIFESTATION
Mercredi 8 Juillet de 18H à 21H,
Place de la République,
M° République
Après la répression menée par le gouvernement d’Alan Garcia du mouvement des Peuples originaires de l’Amazonie au Pérou, c’est le Honduras qui est devenu le terrain d’un coup d’état militaire, chassant du pouvoir le Président Zelaya démocratiquement élu.
Dans les 2 cas, le peuple se voit privé de ses droits, ses choix ne sont pas reconnus ; certains payent de leur vie, d’autres de leur liberté, l’expression de leur refus des options prises par des oligarchies locales, qui n’hésitent pas à s’appuyer sur des polices militaires pour faire accepter les desideratas d’un capitalisme exacerbé en quête de sa survie et de celles des élites au détriment des peuples, quitte à privilégier les solutions à court terme même si elles mettent en péril l’avenir de tous :
Que peut –il résulter de la surexploitation des ressources naturelles ? de la destruction de la forêt amazonienne�� au Pérou? du rétablissement des options agricoles destructrices de l’environnement et de l’économie définies par la United Fruit Company au Honduras ?
Devons-nous attendre d’autres massacres pour commencer à nous poser les vraies questions autour de l’avenir de la démocratie, de la planète, de notre avenir et de celui de nos enfants ?
Allons-nous accepter que les élections et les choix démocratiques n’aient qu’une valeur relative suivant la force et la contrainte qui s’exerceront à leur encontre ?
informacion en vivo
Mercredi 8 Juillet de 18H à 21H,
Place de la République,
M° République
Après la répression menée par le gouvernement d’Alan Garcia du mouvement des Peuples originaires de l’Amazonie au Pérou, c’est le Honduras qui est devenu le terrain d’un coup d’état militaire, chassant du pouvoir le Président Zelaya démocratiquement élu.
Dans les 2 cas, le peuple se voit privé de ses droits, ses choix ne sont pas reconnus ; certains payent de leur vie, d’autres de leur liberté, l’expression de leur refus des options prises par des oligarchies locales, qui n’hésitent pas à s’appuyer sur des polices militaires pour faire accepter les desideratas d’un capitalisme exacerbé en quête de sa survie et de celles des élites au détriment des peuples, quitte à privilégier les solutions à court terme même si elles mettent en péril l’avenir de tous :
Que peut –il résulter de la surexploitation des ressources naturelles ? de la destruction de la forêt amazonienne�� au Pérou? du rétablissement des options agricoles destructrices de l’environnement et de l’économie définies par la United Fruit Company au Honduras ?
Devons-nous attendre d’autres massacres pour commencer à nous poser les vraies questions autour de l’avenir de la démocratie, de la planète, de notre avenir et de celui de nos enfants ?
Allons-nous accepter que les élections et les choix démocratiques n’aient qu’une valeur relative suivant la force et la contrainte qui s’exerceront à leur encontre ?
informacion en vivo
samedi 4 juillet 2009
Coup d'Etat au Honduras
APPEL URGENT SOLIDARITE HONDURAS
LA MOBILISATION CONTINUE !
RASSEMBLEMENT PLACE DE LA FONTAINE ST MICHEL
(Métro St Michel, ligne 4)
DIMANCHE 5 JUILLET DE 16H00 A 18H00
POUR LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE AU HONDURAS !
POUR LE RETOUR du PRESIDENT ZELAYA !
NON A LA BARBARIE DES FORCES MILITAIRES HONDURIENNES !
NON AUX HEURES SOMBRES DE LA DICTATURE !
Dimanche dernier au Honduras s'est produit un coup d’état contre la démocratie. Le Président constitutionnel, Manuel ZELAYA, a été séquestré et expulsé de force par l’armée. Une oligarchie des plus réactionnaires s'est installée depuis au pouvoir, personnifiée par Roberto Micheletti, ancien militaire et puissant homme d'affaires.
Le Peuple, qui s'était soulevé pacifiquement depuis l'enlèvement de son président élu, est réprimé de plus en plus violemment par la police et les militaires. La répression se fait aussi sentir par la censure de la presse nationale et internationale et par l'instauration de la terreur dans la population à travers des couvre-feux et des coupures systématiques de l'électricité, de l'eau potable et des télécommunications.
Nous ne pouvons nous résoudre au retour en Amérique Latine de dictatures militaires déguisées en démocratie, qui tentent d'empêcher les réformes nécessaires au progrès de cette région.
Nous devons tous nous mobiliser pour réaffirmer notre solidarité avec le peuple hondurien qui attend le retour sur le territoire de son président légitime. Nous devons tous exiger la fin de l’état d’urgence, le rétablissement des libertés publiques et du fonctionnement démocratique des institutions.
NB:
L'article 5 de la constitution autorisait Zelaya à proposer une consultation du peuple sur la réélection!
LA MOBILISATION CONTINUE !
RASSEMBLEMENT PLACE DE LA FONTAINE ST MICHEL
(Métro St Michel, ligne 4)
DIMANCHE 5 JUILLET DE 16H00 A 18H00
POUR LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE AU HONDURAS !
POUR LE RETOUR du PRESIDENT ZELAYA !
NON A LA BARBARIE DES FORCES MILITAIRES HONDURIENNES !
NON AUX HEURES SOMBRES DE LA DICTATURE !
Dimanche dernier au Honduras s'est produit un coup d’état contre la démocratie. Le Président constitutionnel, Manuel ZELAYA, a été séquestré et expulsé de force par l’armée. Une oligarchie des plus réactionnaires s'est installée depuis au pouvoir, personnifiée par Roberto Micheletti, ancien militaire et puissant homme d'affaires.
Le Peuple, qui s'était soulevé pacifiquement depuis l'enlèvement de son président élu, est réprimé de plus en plus violemment par la police et les militaires. La répression se fait aussi sentir par la censure de la presse nationale et internationale et par l'instauration de la terreur dans la population à travers des couvre-feux et des coupures systématiques de l'électricité, de l'eau potable et des télécommunications.
Nous ne pouvons nous résoudre au retour en Amérique Latine de dictatures militaires déguisées en démocratie, qui tentent d'empêcher les réformes nécessaires au progrès de cette région.
Nous devons tous nous mobiliser pour réaffirmer notre solidarité avec le peuple hondurien qui attend le retour sur le territoire de son président légitime. Nous devons tous exiger la fin de l’état d’urgence, le rétablissement des libertés publiques et du fonctionnement démocratique des institutions.
NB:
L'article 5 de la constitution autorisait Zelaya à proposer une consultation du peuple sur la réélection!
vendredi 26 juin 2009
PÉROU - Le nouveau visage de l’oppression

La CIDH (Comision Interamericana de los Derechos Humanos) est l’une des nombreuses ramifications de l’OEA (Organisation des États américains), tout en dénonçant les « affrontements » (Le Figaro du 06/06/09) ou « les violences » (Libération du 09/06/09) et la mort de paysans à Bagua (Pérou, au nord-est de Lima) survenus le 05 juin 2009, elle en appelle au dialogue. Nous commençons à connaître ce genre de réconciliation des inconciliables. En effet, comment renouer un dialogue qui n’a jamais eu lieu ? Comment en appeler à l’apaisement des colères d’un peuple quand on joue sa vie ? Mais la CIDH a pointé du doigt des tensions et si nous regardons autour de ce qui nous est désigné, apparaît une politique hostile à l’égard du peuple péruvien et un mépris total pour la vie et le travail des paysans indiens.
La politique social-démocrate du président péruvien Alan Garcia, à l’instar de celle de Bachelet au Chili (cf la situation du peuple mapuche) semble bien avoir tombé le masque.
Les paysans ont bloqué la voie d’accès à la ville de Bagua, et ils ont été, selon Alan Garcia, « dispersé » par la police nationale, en réalité, ce fut une curée d’une violence extrême qui s’est terminé par la mort d’une trentaine d’hommes abattus comme des chiens.
Ces « dangereux terroristes » ne faisaient que se révolter contre le pillage et le dépouillement de leurs terres par les transnationales a qui le président a donné carte blanche pour leur installation dans le cadre de l’Accord de libre-échange (TLC en espagnol) avec les États-Unis.
Tandis que l’association toujours poignante des « Mères de la place de mai » en Argentine a rendu hommage au soulèvement indien :
« Nous voulons saluer nos amis péruviens qui en ont eu assez, qui se sont rebellés et ont dit « Basta », comme toujours en y jouant leurs vies. Mais lorsque nous le peuple, nous nous rebellons, même si nous y laissons la vie, le plus souvent, nous savons que nous allons gagner ». Et de conclure à propos d’Alan García et de son gouvernement : « Nous savons bien qui les paye, qui les commande et qui les amène au pouvoir. Hélas, l’empire possède encore de nombreuses mains plongées un peu partout. »
La réaction haineuse de quelques-uns parmi les hommes les plus haut placés du pays s’offusquent, se scandalisent, eux, de ces événements tragiques. Selon le cardinal Juan Luis Cipriani, personnage clef de l’Église Catholique péruvienne et membre de l’Opus Dei, l’objet du scandale est la mort des policiers lors de l’intervention, celui-ci a déclaré au lendemain de ces événements :
« L’Église voit avec une profonde douleur ces événements car nous n’avons affaire ici ni à la défense du peuple, ni à un groupe de natifs, ni au gouvernement, mais à l’Église (...) Jésus Christ n’a jamais appelé à la subversion, il n’a jamais fondé d’ONG qui ne font que poser des problèmes. » [1]
Ces paroles en disent long sur les problématiques qui persistent au Pérou, elles nous rappellent que ce même cardinal a toujours défendu le « dictateur en cavale » Fujimori qui, lui non plus n’a jamais compris la « nécessité » des révoltes du peuple, en témoigne son « Gouvernement d’urgence et de reconstruction nationale » initié en 1992.
Tandis que l’ONU parle de « massacre », le leader indien Alberto Pizango parle lui de « génocide » car, explique-t-il, « On a déjà tué mes frères » [2]
Alan Garcia apparaît comme faisant partie de la mouvance politique centre-gauche, orateur talentueux, il a réussi à se faire réélire en 2006, tout juste 20 ans après le massacre de 47 paysans à Accomarca lors de son premier mandat sans avoir été poursuivi, la prescription ayant joué en sa faveur.
Ce succédané de démocratie applique l’inacceptable « tolérance zéro » à l’égard de tous ceux qui sont susceptibles de freiner la manne pétrolière. Cet acharnement dans l’ouverture des marchés et dans la répression fait couler beaucoup plus de sang que de pétrole. Bien que les discriminations raciales à l’égard du peuple indigène ne soient pas nouvelles et ne soient qu’un relent du système colonial, le fait est qu’aujourd’hui, le masque de la démocratie et le silence des médias occidentaux dissimulent sournoisement une situation des plus terribles.
L’un des héritiers du Parti unifié mariateguiste, Javier Diez Canseco, explique dans un article publié dans La República du 08/06/2009 :
« Avec les dispositions législatives que le Congrès lui a déléguées pour “adapter la législation à l’Accord de libre-échange avec les États-Unis”, sans scrupules et manœuvrier, il a cru trouver l’occasion d’imposer sa vision révélée. Il a lancé une offensive contre les communautés et l’Amazonie avec des décrets législatifs (DL) sans consultation (en violant la Convention 169 de l’OIT et d’autres) et a donc provoqué la réaction des peuples d’Amazonie. »
L’Association interethnique pour le développement de l’Amazonie péruvienne (AIDESEP) dont Alberto Pizango est le leader est qualifiée sans vergogne d’ « organisation terroriste » mais nous sommes pourtant loin, très loin de la guérilla révolutionnaire du « Sentier lumineux ». Il s’agit pour eux d’empêcher le bradage et le découpage des terres d’Amazonie en attirant, de façon pacifique, les projecteurs internationaux.
Des terroristes ? Non, des manifestants, des résistants sans armes, avec pour seul défense, du courage et des cailloux face aux véhicules blindés et aux hélicoptères de l’armée.
Une démocratie ? Oui, si l’on peut qualifier ainsi, en continuant de dormir sur nos deux oreilles, un régime qui perpétue ces violations des droits humains, qui refuse de reconnaître l’identité indienne, qui dépouille les mineurs, les paysans, et les défait de leurs droits à la vie même.
Il faut continuer de parler de ces hommes à qui l’on réserve un sort de chien parce que cette déliquescence de l’idée de démocratie sous-tend la question de la métamorphose de l’autoritarisme contemporain, de voir le nouveau visage que peuvent prendre les dérives du pouvoir, d’où qu’elles viennent, où qu’elles aillent.
Tout est là. Le masque grimaçant, le silence crispée de l’Histoire qui nous pèse dessus l’échine et la rafale, presque habituelle, qui vient coucher des hommes encore un peu debout.
http://www.flickr.com/photos/rue89/sets/72157620353368234/show/
[1] Voir
[2] Voir
jeudi 14 mai 2009
La grippe morphine
Comment ne pas voir, sinon les yeux gonflés de larmes, la fièvre au front et la peau brûlante que tout est fait pour nous atrophier l’intellect, pour nous enraciner dans nos peurs.
Comment ne pas voir que cette mécanique bien huilée et rompue aux scandales tente à chaque instant de nous perforer l’existence, de fraiser le bois tendre de nos chères têtes blondes. Nous voilà bringuebalés de tous côtés dans cette usine à machination qu’on nous propose en guise de société. Lorsque tout va pour le pire et que l’on nous abreuve de désolantes consolations, le cul nous passe littérairement par dessus la tête et d’un coup, d’un seul, voici que nous blasphémons à l’endroit d’un monde à l’envers.
Nom de Zeus, ce que l’esprit des lumières nous semble renvoyé aux calendes grecques, lorsque l’on entend nos dirigeants parler. Cette dilapidation du sens qui assassinent jusqu’à nos plus belles idées. On nous parle d’humanisme comme on nous parle de liberté et de démocratie. Du capitalisme à visage humain aux bombes humanitaires, de la discrimination positive européenne à la sécurité démocratique colombienne, nous sommes calibrés à l’envi par cette malversation intellectuelle, par ceux que Dostoïevski « les grands faussaires de la pensée », qui veulent nous dépouiller de fond en comble et nous mettre sens dessus dessous..
Gardons-nous que c’en soit bien fini du signifiant et du signifié de ce bon Saussure car si cette putréfaction de la langue perdurait, elle finirait par ronger toute velléité de résistance.
Cette cacophonie ambiante et cette avalanche de mot-pot de fleurs nous plonge dans un non-sens qui n’a ni la noblesse ni la poésie de l’Absurde, elle veut faire de nous les cimetières de feu nos idées.
Cependant gardons cet espoir que caresse Eric hazan dans son livre LQR :
« La novlangue partage les faiblesses du néo-libéralisme qui luia donné naissance, règnant sans contre-poids, tenue à ne pas apparaître sous sa vraie nature, diffusée par ceux qu’elle contribue à abrutir, elle ne peut que retomber sans fin dans ses propres plis ».
Cela leur ferait trop plaisir que nous nous rongions les moelles, que nous nous enterrions vivant avec une surdose d’hygiènisme, plutôt que de mourir malade ils voudraient comme disait Choron que l’on « crève en bonne santé ».
Aujourd’hui, ils viennent nous enfumer à grands coups de «grippe porcine », tiens des guillemets ! Que viennent-ils faire là ? Sans doute la suspension, l’espace confortable nécessaire à la peur pour se vautrer dans nos vacances métaphysiques.
Comment ne pas nous demander, tandis que l’on nous martèle d’images apocalyptiques, si tout cela ne serait pas une magistrale mascarade. N’est-ce pas le moment psychologique ? Quoi de mieux qu’un bon gros virus et l’annonce d’un « risque probable de pandémie » (c’est d’ailleurs ce qu’on appelle ne pas trop se mouiller tout en poussant les autres à l ‘eau), pour enrayer un mouvement social ?
Qu’il s’agisse d’un virus, d’une guerre anti-terroriste, tout est bon ! le fer de lance de cet assaut est de nous contraindre à la résignation et au sentiment d’impuissance, de nous mettre à genoux devant l’autel d’un Etat-mythe qui assurerait notre survie en cas de banqueroute ou de pandémie.
Les messages d’alerte, la stratification du danger ajoute encore de la force à l’ogre médiatique qui gave et se repaît de nos névroses.
Après la pseudo politique du cas par cas sur la question de l’immigration, voilà que les individus touchés par cette grippe se trouvent ravalés au rang de « cas ». Voilà bien encore un mot vide que les médias se plaisent à employer pour parler d’un être humain. Ce monosyllabe, sordide, atone et dépersonnalisant on pousse à son paroxysme le principe d’individuation qui a pourri tout le XXème siècle, on le dépasse même car on y introduit une bonne dose de pathologie mortelle.
Cette vieille peur de l’autre que nourrit la psychose nous plonge dans une de ces fictions que nous affectionnions marmots, ces livres-prisons dont nous étions les héros. En effet, tout est dit et fait pour nous donner l’impression que notre marge de manœuvre est grande, que nous pouvons voyager d’un bout à l’autre de la planète… si nous en avons les moyens, que nous pouvons dire ouvertement ce que que l’on pense… tant que personne ne peut l’entendre (Regardons ce qui se passe dans les universités !)
Libres, également, car nous pouvons choisir la stratégie de l’autruche hypocondriaque mais là encore, si nous décidons de nous replier sur nous-même, ne risquons-nous pas l’autarcie intelectuelle, ne risquons-nous pas de nous faire voler dans les plumes tandis que nous restons le bec planté dans la croûte terrestre.
Céder à la psychose, sortir les panoplies de fins du monde, limiter les déplacements, éviter les rassemblements, craindre la promiscuité du métro, autant de recommandations faites par nos chers décideurs pour nous confiner dans cette quarantaine intelectuelle et cette peur de l’autre qui leur fait la part bien trop belle.
Ne nous jetons pas dans le feu pour éviter la fumée! Ne nous laissons pas endormir!
Comment ne pas voir que cette mécanique bien huilée et rompue aux scandales tente à chaque instant de nous perforer l’existence, de fraiser le bois tendre de nos chères têtes blondes. Nous voilà bringuebalés de tous côtés dans cette usine à machination qu’on nous propose en guise de société. Lorsque tout va pour le pire et que l’on nous abreuve de désolantes consolations, le cul nous passe littérairement par dessus la tête et d’un coup, d’un seul, voici que nous blasphémons à l’endroit d’un monde à l’envers.
Nom de Zeus, ce que l’esprit des lumières nous semble renvoyé aux calendes grecques, lorsque l’on entend nos dirigeants parler. Cette dilapidation du sens qui assassinent jusqu’à nos plus belles idées. On nous parle d’humanisme comme on nous parle de liberté et de démocratie. Du capitalisme à visage humain aux bombes humanitaires, de la discrimination positive européenne à la sécurité démocratique colombienne, nous sommes calibrés à l’envi par cette malversation intellectuelle, par ceux que Dostoïevski « les grands faussaires de la pensée », qui veulent nous dépouiller de fond en comble et nous mettre sens dessus dessous..
Gardons-nous que c’en soit bien fini du signifiant et du signifié de ce bon Saussure car si cette putréfaction de la langue perdurait, elle finirait par ronger toute velléité de résistance.
Cette cacophonie ambiante et cette avalanche de mot-pot de fleurs nous plonge dans un non-sens qui n’a ni la noblesse ni la poésie de l’Absurde, elle veut faire de nous les cimetières de feu nos idées.
Cependant gardons cet espoir que caresse Eric hazan dans son livre LQR :
« La novlangue partage les faiblesses du néo-libéralisme qui luia donné naissance, règnant sans contre-poids, tenue à ne pas apparaître sous sa vraie nature, diffusée par ceux qu’elle contribue à abrutir, elle ne peut que retomber sans fin dans ses propres plis ».
Cela leur ferait trop plaisir que nous nous rongions les moelles, que nous nous enterrions vivant avec une surdose d’hygiènisme, plutôt que de mourir malade ils voudraient comme disait Choron que l’on « crève en bonne santé ».
Aujourd’hui, ils viennent nous enfumer à grands coups de «grippe porcine », tiens des guillemets ! Que viennent-ils faire là ? Sans doute la suspension, l’espace confortable nécessaire à la peur pour se vautrer dans nos vacances métaphysiques.
Comment ne pas nous demander, tandis que l’on nous martèle d’images apocalyptiques, si tout cela ne serait pas une magistrale mascarade. N’est-ce pas le moment psychologique ? Quoi de mieux qu’un bon gros virus et l’annonce d’un « risque probable de pandémie » (c’est d’ailleurs ce qu’on appelle ne pas trop se mouiller tout en poussant les autres à l ‘eau), pour enrayer un mouvement social ?
Qu’il s’agisse d’un virus, d’une guerre anti-terroriste, tout est bon ! le fer de lance de cet assaut est de nous contraindre à la résignation et au sentiment d’impuissance, de nous mettre à genoux devant l’autel d’un Etat-mythe qui assurerait notre survie en cas de banqueroute ou de pandémie.
Les messages d’alerte, la stratification du danger ajoute encore de la force à l’ogre médiatique qui gave et se repaît de nos névroses.
Après la pseudo politique du cas par cas sur la question de l’immigration, voilà que les individus touchés par cette grippe se trouvent ravalés au rang de « cas ». Voilà bien encore un mot vide que les médias se plaisent à employer pour parler d’un être humain. Ce monosyllabe, sordide, atone et dépersonnalisant on pousse à son paroxysme le principe d’individuation qui a pourri tout le XXème siècle, on le dépasse même car on y introduit une bonne dose de pathologie mortelle.
Cette vieille peur de l’autre que nourrit la psychose nous plonge dans une de ces fictions que nous affectionnions marmots, ces livres-prisons dont nous étions les héros. En effet, tout est dit et fait pour nous donner l’impression que notre marge de manœuvre est grande, que nous pouvons voyager d’un bout à l’autre de la planète… si nous en avons les moyens, que nous pouvons dire ouvertement ce que que l’on pense… tant que personne ne peut l’entendre (Regardons ce qui se passe dans les universités !)
Libres, également, car nous pouvons choisir la stratégie de l’autruche hypocondriaque mais là encore, si nous décidons de nous replier sur nous-même, ne risquons-nous pas l’autarcie intelectuelle, ne risquons-nous pas de nous faire voler dans les plumes tandis que nous restons le bec planté dans la croûte terrestre.
Céder à la psychose, sortir les panoplies de fins du monde, limiter les déplacements, éviter les rassemblements, craindre la promiscuité du métro, autant de recommandations faites par nos chers décideurs pour nous confiner dans cette quarantaine intelectuelle et cette peur de l’autre qui leur fait la part bien trop belle.
Ne nous jetons pas dans le feu pour éviter la fumée! Ne nous laissons pas endormir!
samedi 4 avril 2009
Le sommet du G20 est comme un peu embrumé en ce moment, on a voulu barré l'accès à des dizaines de manifestants à Strasbourg, un contingent de CRS impressionnant a été déployé un peu partout dans la ville.
Les black block vont servir d'épouvantail pour justifier la répression comme toujours, on se souvient de leurs actions pendant la guerre en Irak et en 2001 lors du sommet de Genève...
Ils sont venus fêté à leur manière la réintégration de la France dans l'Otan, ils allument de grands feux de joie aux quatre coins de la ville pour dire ce qu'ils en pensent de cette commémoration, pour dire que l'invisibilité dans laquelle on les a plongé, ils en ont fait leur fer de lance, car ces hommes et femmes issu(e)s de
movances libertaires, héritiers des autonomes allemands des années 80, sont là, organisés, rompus à une nouvelle forme de "guerilla urbaine".
Et qu'on ne vienne pas nous parler de violence lorsque précisément, la plus grande institution militaire du monde entend "mener sa mission jusqu'au bout".
Lorsqu'Obama déclare que ses troupes se batteront jusqu'à l'installation d'un Etat de droit en Afghanistan et au Pakistan et que l'on sait ce que ça a donné jusqu'à présent, on peut avoir peur et ravaler notre salive en se disant que ce que l'on pressentait quant à la "nouvelle politique américaine" se vérifie tristement.
les trois idées force qui sortent de ce sommet sont : Unité, Force, stratégie
Ce vocabulaire de guerre
Obama dans son discours a parlé de "leaders du monde" juste avant de laisser la parole à Sarko, voilà un labsus de très mauvaise augure...
Mais réjouissons-nous, français(es) 50 musées seront désormais gratuits pour les jeunes et les profs du moins pour ceux qui sauront enlever la poudre qu'on vient de leur jeter aux yeux!
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